
Au bout de la vallée de la Clarée, la route s'arrête à Laval, 2 016 m. Au-dessus, une vingtaine de lacs et un sommet de 3 178 m qui se gravit par un sentier, sans jamais poser les mains. Le massif du Thabor concentre sur quelques kilomètres carrés une variété de terrain : cascades, lacs, pierriers, alpages et refuges en abondance.
Chez Altimood, on y monte chaque été en remontant la Durance par Gap et Briançon. À force d'y revenir, on a quelques préférences que nous vous partageons dans cette liste des plus belles randonnées du massif du Thabor. Mais notons-le, la liste parfaite n'existe pas : tout dépend de la météo du jour, de la lumière, des troupeaux croisés en chemin et de votre propre forme. Cette sélection de 10 itinéraires est donc assumée comme subjective : les grands classiques du massif, tels qu'on les parcourt lors de nos séjours de refuge en refuge.
Les 10 itinéraires sont les must-see du territoire, la lecture de la carte IGN vous en ouvrira d'autres. Pour chacun, le point de départ précis, la distance, le dénivelé, la durée et ce que la sortie demande réellement.
| # | Randonnée | Départ | Distance | D+ | Difficulté |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | Mont Thabor | Granges de la Vallée Étroite | 17 km | +1 440 m | 5/5 |
| 2 | Lacs Laramon et du Serpent | Fontcouverte (Névache) | 8,5 km | +590 m | 2/5 |
| 3 | Pic du Lac Blanc | Fontcouverte (Névache) | 14 km | +1 150 m | 5/5 |
| 4 | Trois lacs des Rochilles | Laval (Névache) | 14,2 km | +520 m | 3/5 |
| 5 | Pointe des Cerces | Laval (Névache) | 19,5 km | +1 100 m | 5/5 |
| 6 | Col des Muandes | Laval (Névache) | 13,8 km | +840 m | 4/5 |
| 7 | Col de Buffère | Névache Ville-Haute | 12,5 km | +810 m | 3/5 |
| 8 | Aiguille Rouge | Col de l'Échelle | 8,5 km | +730 m | 3/5 |
| 9 | Col des Thures et lac Chavillon | Le Roubion (Névache) | 9 km | +560 m | 2/5 |
| 10 | Cascade de Fontcouverte | Fontcouverte (Névache) | 1,5 km | +40 m | 1/5 |
Le massif s'étire à la frontière franco-italienne, entre la Maurienne au nord et la vallée de la Guisane au sud, à cheval sur la Savoie (73) et les Hautes-Alpes (05). Seuls le col du Lautaret et la Guisane le séparent du Parc National des Écrins. Il culmine au mont Thabor (3 178 m) ; la pointe des Cerces (3 097 m), qui ferme la haute Clarée, donne son nom à l'autre appellation courante.
La roche y est sédimentaire, héritée du domaine briançonnais : calcaires, dolomies et quartzites qui dressent des barres claires au-dessus des alpages. Les cuvettes creusées par les glaciers quaternaires ont laissé une vingtaine de lacs entre 2 200 et 2 700 m. C'est la signature du massif : on marche presque toujours vers un plan d'eau.
La vallée de la Clarée est la porte d'entrée principale. Elle remonte depuis Briançon jusqu'au hameau de Laval, où la route s'arrête. Névache (1 615 m) en est le village-centre, avec ses hameaux de Ville-Haute, Ville-Basse, Le Roubion et Sallé. La vallée est un site classé depuis 1992, ce qui explique l'absence de remontées mécaniques et le bâti resté groupé.
La Vallée Étroite, elle, se rejoint par le col de l'Échelle (1 762 m) et débouche côté italien sur Bardonecchia. Italienne jusqu'au traité de paix de 1947, sa partie amont est devenue française ; les habitants sont restés italophones et la route française qui la relie à la Clarée n'a été ouverte qu'en 1968. On y trouve les refuges au pied du versant est du Thabor.
Le mont Thabor est le sommet de plus de 3 000 m le plus abordable des Alpes du Sud, ce qui explique sa fréquentation. Le sentier ne présente aucun passage exposé, aucune main courante, aucun pas d'escalade. Ce qui reste, c'est la longueur et l'altitude : près de 1 450 m de dénivelé d'une traite, dont les 450 derniers mètres sur un versant minéral où le sentier se redresse franchement.
Depuis les Granges de la Vallée Étroite (1 765 m), la piste du GR5 remonte le vallon jusqu'à la Maison des Chamois, puis le sentier gagne la passerelle de Prat du Plan et le replat du Plan du Dîner. Le vallon s'ouvre ensuite jusqu'au col des Méandes (2 727 m). De là, une succession de lacets jalonnés de croix mène à la chapelle Notre-Dame des Sept-Douleurs et au sommet, quelques dizaines de mètres derrière.
Partez tôt : à partir de 10 h en juillet-août, la file est continue sur les lacets finaux. Le 15 août, un pèlerinage monte à la chapelle et le sommet se transforme en rassemblement.
Les deux lacs les plus photographiés de la Clarée s'atteignent en une demi-journée. Depuis Fontcouverte (1 860 m), le sentier passe au refuge du Ricou puis remonte en lacets réguliers dans les mélèzes avant de déboucher sur le lac Laramon (2 359 m). Le lac du Serpent (2 448 m) est 20 minutes plus haut, dans une cuvette plus minérale.
Le vallon s'ouvre au sud-ouest : depuis la rive du Laramon, le massif des Écrins occupe tout l'horizon, de l'autre côté de la Clarée. La lumière de fin d'après-midi lui va mieux que celle du matin, où les sommets restent à contre-jour.
Le stationnement à Fontcouverte sature dès 9 h en août. La navette de la vallée dessert le hameau et évite le problème.
Le Pic du Lac Blanc prolonge l'itinéraire précédent vers le haut. Au-dessus du lac du Serpent, le sentier se redresse jusqu'au col du Grand Cros (2 848 m), puis une sente gagne le Pas du Lac Blanc et le sommet. La montée finale se fait sur un terrain minéral, hors sentier balisé par endroits. La descente bascule sur la crête des Gardioles et son chapelet de petits lacs avant de retrouver le refuge du Ricou : la sortie se boucle sans revenir sur ses pas.
C'est la sortie la plus longue de cette sélection après la pointe des Cerces, et celle qui demande le plus d'autonomie : au-delà du lac du Serpent, il n'y a plus de balisage continu sur le parcours. Un altimètre et une carte servent réellement.
Cet itinéraire remonte toute la haute Clarée depuis Laval (2 016 m), passe au refuge des Drayères (2 180 m) et débouche sur le seuil des Rochilles (2 459 m), un plateau suspendu à la limite Savoie / Hautes-Alpes. Trois lacs s'y succèdent en moins d'un kilomètre : le lac de la Clarée, source de la rivière, le lac Rond et le lac du Grand Ban, sous la pointe des Cerces.
Le rapport est inhabituel : 14 km de marche pour à peine plus de 500 m de montée. La longueur vient du fond de vallée, quasiment plat, que l'on parcourt à l'aller comme au retour ; sur le plateau, la trace fait une petite boucle par le col des Rochilles et le col de la Plagnette avant de redescendre. C'est une bonne sortie pour une journée où la météo se dégrade en fin d'après-midi, puisque l'on peut faire demi-tour n'importe où sans rien gâcher.
La pointe des Cerces est le sommet qui donne son nom au massif, et la course la plus soutenue de cette page. Depuis Laval, l'itinéraire suit d'abord la haute Clarée, bifurque vers le lac des Cerces puis remonte le versant nord-est jusqu'à l'arête sommitale. La partie haute se déroule sur des pentes de pierrier où la trace se perd, et l'arête finale demande de poser les mains sur quelques mètres.
20 kilomètres et 1 100 m de dénivelé au départ d'un point déjà situé à 2 016 m : l'altitude se fait sentir sur la dernière heure. Cette sortie se prépare comme une journée de haute montagne, avec un départ avant 7 h pour redescendre du sommet avant les orages d'après-midi.
Le versant savoyard donne l'accès le plus court au sommet. Depuis les Mottets, au-dessus de Valloire, la boucle par le lac et le col des Cerces puis le retour par le col des Rochilles fait 11 km pour 960 m de montée, moitié moins de marche d'approche que par la Clarée. C'est la trace ci-dessous.
Le col des Muandes relie la haute Clarée au vallon du Thabor. C'est par là que passe le GR®57 et c'est la voie d'accès au sommet depuis Névache, pour qui veut éviter le détour par la Vallée Étroite. Depuis Laval, le sentier remonte au refuge des Drayères puis attaque le vallon des Muandes, une longue combe minérale où se cachent le lac Long, le lac Rond et le lac des Muandes.
Au col, la vue bascule sur le versant nord du massif et sur les lacs de la Madeleine. Le vent y est presque permanent, ce qui rend la pause plus courte que prévu. Le retour se fait par le même vallon, en repassant au bord des trois lacs.
Poussé jusqu'au sommet du Thabor, cet itinéraire devient une très grosse journée : comptez 1 700 m de dénivelé et une descente-remontée intermédiaire qui casse le rythme. La plupart des marcheurs coupent en dormant aux Drayères.
Le vallon de Buffère s'ouvre juste au-dessus de Névache et reste l'un des rares secteurs du massif où l'on croise plus de moutons que de marcheurs. Depuis Ville-Haute (1 615 m), le sentier longe la rive droite de la Clarée jusqu'au pont du Rately, puis remonte aux chalets de Buffère et au refuge (2 076 m). Le col est une heure au-dessus, sur une pente herbeuse régulière.
Depuis le refuge, plusieurs prolongements sont possibles : le col lui-même, le lac de Privé (2 304 m) par une sente non balisée que le gardien indique volontiers, ou le Grand Aréa (2 869 m) pour qui veut un sommet. Le retour par le sentier de Côte Rouge transforme l'aller-retour en boucle.
La trace ci-dessous suit le circuit du Grand Aréa au départ de la piste de Buffère (1 745 m), au-dessus de Ville-Haute : 16,8 km et 1 120 m de dénivelé, avec le retour par le refuge.
L'Aiguille Rouge domine le col de l'Échelle et offre le meilleur rapport temps de marche / panorama du massif. Depuis le col (1 762 m), le sentier traverse la forêt de mélèzes puis sort sur une croupe herbeuse qui mène directement au sommet. 730 m de dénivelé, et l'on embrasse la Clarée en enfilade, la Vallée Étroite, le Thabor et les sommets du Briançonnais.
La roche rouge qui donne son nom au sommet est visible dès la sortie de la forêt. Le versant est sec et exposé au sud : c'est l'une des premières sorties d'altitude praticables au printemps, souvent dès la mi-juin, et l'une des dernières en automne.
Le col de l'Échelle est fermé à la circulation l'hiver et sa route est étroite. En haute saison, le stationnement au col est vite saturé.
Une autre boucle rejoint le même sommet sans dépendre du parking du col : depuis Le Roubion, elle passe par les demoiselles coiffées de la Clarée, pour 10,8 km et 930 m de dénivelé. La trace ci-dessous est celle de l'itinéraire classique, au départ du col et par le col de Saint-Hippolyte.
Au-dessus du Roubion, la montée forestière débouche sur un plateau d'alpage largement ouvert, qui n'a rien de commun avec les vallons du reste du massif. Le col des Thures (2 194 m) marque son point haut et le lac Chavillon occupe une cuvette au milieu de l'herbe rase. Le mont Thabor se dresse en face, de l'autre côté de la Vallée Étroite.
Le plateau est l'estive d'un des troupeaux de moutons. Des chiens de protection y travaillent en juillet et en août : contourner large, garder son calme et ne pas s'approcher des brebis. Le lac Bellety est 15 minutes au-delà, un peu plus haut et beaucoup moins fréquenté.
C'est un itinéraire adapté si vous êtes en famille ou que la météo reste incertaine : le dénivelé est mesuré, la sortie de la forêt rapide, et l'on peut faire demi-tour au col sans avoir l'impression d'avoir écourté.
La cascade de Fontcouverte tombe à quelques centaines de mètres du parking du hameau. Le sentier longe la Clarée entre les mélèzes et débouche au pied de la chute. 20 minutes de marche, une poussette tout-terrain passe presque partout, et le débit reste soutenu jusqu'en septembre.
Le massif se prête particulièrement bien à l'itinérance : les refuges sont espacés de 4 à 6 h de marche, ce qui laisse le temps de monter à un col ou à un lac en cours d'étape. C'est l'un des terrains que nous programmons de temps en temps parmi nos treks dans les Alpes.
Le GR®57 fait le tour du sommet en 5 à 6 jours, entre Clarée, Vallée Étroite et Maurienne, avec une nuitée en refuge chaque soir : les Drayères, Terre Rouge, les Marches, le refuge du Mont Thabor et ceux de la Vallée Étroite. L'ascension du sommet se greffe en option depuis le col des Méandes. Les cols ne dépassent pas 2 830 m et le fond de vallée se rejoint depuis presque n'importe quel point du parcours, ce qui en fait un bon terrain pour une première itinérance.
Nous en resserrons une version sur 4 jours, au départ de la gare de Briançon et par des sentiers moins fréquentés : Névache, le col des Thures, la Vallée Étroite, le col des Muandes, la haute Clarée, puis la descente sur la Guisane. 4 étapes de 5 à 6 h, 3 nuits en refuge, aucune voiture d'un bout à l'autre. La trace ci-dessous démarre à Névache, où le bus dépose le groupe, et se termine au Casset.
Le détail des étapes, des refuges et des dates est sur la page du tour du Mont Thabor en 4 jours.
La Grande Traversée des Alpes passe par la Vallée Étroite et le col de la Vallée Étroite avant de basculer sur Modane. Beaucoup de marcheurs du GR5 s'offrent le détour du Thabor depuis le refuge, soit 850 m de dénivelé et 5 h aller-retour ajoutés à la journée.
2 jours suffisent pour une première nuit en altitude dans le massif. Le refuge de Buffère et le refuge des Drayères se rejoignent l'un comme l'autre en une demi-journée depuis la vallée, ce qui laisse le lendemain pour un col ou un sommet. Voir nos week-ends rando dans les Alpes et notre article sur le bivouac en montagne pour préparer la nuit dehors.
Les accompagnateurs en montagne Altimood programment chaque été des séjours dans le Thabor, ou aux environs.
Vous venez de loin ? Le Thabor est l'un des rares massifs alpins accessibles sans voiture de bout en bout : voir nos treks en train et nos séjours rando dans les Alpes.
Quand les dates de nos départs programmées ne collent pas, nous pouvons construire le séjour autour des vôtres. Vous donnez la période et le nombre de jours dont vous disposez, on propose un itinéraire qui correspond à vos attentes.
3 choses à nous donner, le reste se discute :
C'est Alice ou Robin, guide sur le terrain, qui répondent en direct à votre demande.
Et si vous souhaitez être informé de nos prochains départs, renseignez votre adresse email pour recevoir une notification lorsque nous ouvrons les inscriptions pour un nouveau séjour.
La saison s'étend de mi-juin à mi-octobre. Avant fin juin, les cols au-dessus de 2 700 m gardent des névés qui rendent la trace incertaine, en particulier sur les versants nord du col des Muandes et de la pointe des Cerces. Juillet et août concentrent la fréquentation et la circulation dans la vallée. Septembre reste notre mois préféré : les mélèzes commencent à tourner, les troupeaux redescendent et les parkings se libèrent. En hiver, le massif se parcourt en raquettes à neige. D'autres massifs et d'autres saisons sont détaillés sur notre blog rando.
La carte de référence est la TOP25 3535 OT (Névache, Mont Thabor, col du Galibier). Pour le versant ouest du massif et les Rochilles, la 3435 ET (Valloire, Aiguilles d'Arves) complète la couverture.
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