10 lacs d'altitude dans les Écrins et l'envers de la carte postale

Lacs des Écrins : 10 lacs d'altitude à découvrir dans le massif

Altimood, Mise à jour le

Eau turquoise à 2 500 m, silence total, personne sur le sentier à 7h du matin. Ou bien 200 tentes au bord du lac un samedi d'août. Les lacs des Écrins, c'est les deux. Tout dépend de quand et comment on y va.

Guides nature dans les Hautes-Alpes et les Alpes du Sud, on ne va pas prétendre révéler des spots secrets. Ces lacs sont connus, documentés, et certains souffrent de surfréquentation en plein été. On les partage quand même : cacher un lieu ne le protège pas, bien le connaître, oui. Le vrai problème, c'est d'y aller tous au même moment, sans connaître les alternatives, parfois avec un comportement inapproprié (feu, bivouac sauvage, baignade, dérangement de la faune). Notre rôle sur le terrain, c'est de gratter ce qui se cache derrière la carte postale et aussi de décaler les horaires, choisir les variantes moins empruntées, proposer des combinaisons sur 2-3 jours qui répartissent la pression.

Cette sélection, forcément subjective, s'appuie sur des centaines de sorties, en toutes saisons. Pour chaque lac, nous précisons son niveau de fréquentation et, lorsque c'est pertinent, les moments ou itinéraires à privilégier pour en profiter au calme, ainsi que quelques pistes pour s'éloigner des clichés et découvrir des aspects plus discrets.

#LacAltitudeDépartDuréeD+Difficulté
1Lac de Lauvitel1 530 mLa Danchère1h30+500 m2/5
2Lac de la Muzelle2 105 mVénosc4-5h+1 200 m4/5
3Lac d'Eychauda2 514 mChambran (Pelvoux)2-2h30+800 m3/5
4Lac du Glacier d'Arsine2 450 mCol du Lautaret3-3h30+450 m2/5
5Lacs de Pétarel2 080 mLa Chapelle / Andrieux3-5h+850 à +1 500 m4/5
6Lac du Lauzon2 008 mGioberney1h+450 m1/5
7Lacs de Crupillouse2 630 mLes Baumes4-5h+1 400 m4/5
8Lac Lautier2 360 mVillar-Loubière4-4h30+1 350 m4/5
9Lac du Goléon2 438 mValfroide1h30+570 m2/5
10Lac Lérié (Emparis)2 410 mLe Chazelet1h30-2h+450 m2/5

Lac de Lauvitel : le géant des Écrins

Le Lauvitel est le plus grand lac naturel du massif des Écrins. Avec ses 35 hectares et ses eaux profondes de plus de 60 mètres, il occupe un verrou glaciaire au-dessus de la vallée du Vénéon, à 1 530 m d'altitude.

Le sentier part du hameau de La Danchère, près de Bourg-d'Oisans. Comptez 1h30 de montée pour environ 500 m de dénivelé positif. Le chemin est raide par endroits mais bien tracé, praticable par des randonneurs occasionnels en bonne forme. Accessibles aux familles avec enfants à partir de 7-8 ans.

Le lac se situe à l'entrée de la réserve intégrale du même nom. Face à l'importante fréquentation du site, les agents du Parc y assurent une surveillance étroite. Renseignez-vous auprès de l'office de tourisme local pour connaître les éventuels arrêtés en vigueur.

Derrière la carte postale, le Lauvitel est un site scientifique. La réserve intégrale, créée en 1995 sur 689 hectares, est classée en catégorie IUCN 1a (la plus stricte). Le CNRS y suit l'évolution des écosystèmes sans intervention humaine depuis plus de 30 ans. Le niveau du lac varie de 20 mètres selon les saisons, un phénomène rare en milieu alpin. Une cinquantaine d'espèces d'oiseaux y sont recensées, les micromammifères sont suivis depuis 1992, et la diversité des prairies alpines a augmenté entre 1998 et 2014. C'est ce qui rend les restrictions moins frustrantes quand on les comprend : on marche dans un espace où la nature est observée, pas simplement décorée.

En pratique : 1h30 de marche depuis La Danchère (Bourg-d'Oisans), 500 m D+, difficulté modérée. Accessible de juin à octobre. Parking gratuit au départ.

800 m1000 m1200 m1400 m1600 m0 km2 km4 km6 km8 kmLac de Lauvitel · 1530 m

Pour prolonger la journée, une randonnée passant par les lacs Muzelle et Lauvitel offre une boucle plus engagée (environ 6-7h) avec des vues dégagées au-dessus du lac. On peut aussi combiner Lauvitel et Muzelle sur 2 jours en bivouac ou avec une nuit au Refuge de la Muzelle.

Lac de la Muzelle : l'étape mythique du GR54

À 2 105 m d'altitude, le lac de la Muzelle occupe une combe austère dominée par la Roche de la Muzelle (3 465 m). C'est l'étape du GR54, le tour des Écrins qui invitent à prendre un jour de repos avant de clôturer le parcours. Le refuge de la Muzelle, posé au bord du lac, accueille les randonneurs de juin à septembre.

Depuis Vénosc (accessible en télécabine depuis Les Deux Alpes), la montée demande 4 à 5 heures par le vallon de la Muzelle. Le sentier traverse d'abord une forêt de mélèzes avant de s'ouvrir sur des alpages, puis sur le lac. C'est long, c'est raide par moments, mais l'arrivée au lac récompense l'effort.

Derrière la carte postale, la Muzelle est un lac sous surveillance scientifique. Il fait partie du réseau Lacs Sentinelles, un observatoire qui suit 34 lacs d'altitude dans les Alpes pour mesurer l'impact des changements globaux. Entre 2021 et 2023, le Parc National et l'OFB y ont mené une étude approfondie. Deux espèces de poissons seulement peuplent le lac (omble chevalier et truite fario), les deux se reproduisent naturellement alors que l'alevinage a cessé depuis 1996, mais leur croissance reste lente faute de nourriture. Le lac montre des signaux du réchauffement : hausse des températures de l'eau, réduction de la période d'englacement, et une tendance à la baisse de l'oxygène en profondeur. Bonne nouvelle pour l'instant : ni le pastoralisme ni la fréquentation touristique ne semblent avoir d'impact mesurable sur les communautés aquatiques.

Le lac a fait parler de lui ces dernières années pour une autre raison : la surfréquentation estivale. Jusqu'à 200 tentes certains week-ends d'août, avec les problèmes sanitaires et écologiques que cela implique. Le Parc National a depuis renforcé la réglementation sur le bivouac dans ce secteur. Si vous y montez en autonomie, renseignez-vous sur les règles en vigueur.

La boucle Muzelle-Lauvitel par le col du Vallon est un classique de 2 jours que nous proposons lors de nos week-ends en refuge dans les Écrins.

Lac d'Eychauda : le lac encaissé

Perché à 2 514 m d'altitude, le lac d'Eychauda occupe un cirque glaciaire fermé, encaissé entre la Montagne des Agneaux et le Dôme de Monêtier. L'ambiance est minérale, austère, très différente des autres lacs de cette sélection.

L'accès le plus classique se fait depuis le parking de Chambran (Pelvoux, vallée de la Vallouise) : environ 2h à 2h30 de montée pour 800 m de dénivelé. On peut aussi y accéder depuis Le Monêtier-les-Bains (Serre Chevalier) par le col d'Eychauda (2 425 m), un itinéraire plus long (3h, 900 m D+) et plus rocailleux, qui remonte du col vers le lac (90 m de dénivelé supplémentaire).

En pratique : 2h-2h30 depuis Chambran (Pelvoux), 800 m D+, difficulté intermédiaire. Variante par Le Monêtier : 3h, 900 m D+. Accessible de juillet à septembre.

Derrière la carte postale, Eychauda est un lac aux conditions quasi polaires. Il reste englacé 9 à 10 mois par an, et des icebergs persistent parfois jusqu'en août. Contrairement à la plupart des lacs alpins, il n'est pas retenu par une moraine mais par un verrou de granite. Son torrent de sortie ne reste pas en surface : l'eau disparaît dans un réseau de failles et d'éboulis. Alimenté par le glacier de Séguret-Foran, ses eaux sont chargées en farine de roche, pauvres en oxygène l'hiver, et le lac est classé oligotrophe (très pauvre en nutriments). Quelques truites y subsistent, héritières d'alevinages des années 50-60, mais le milieu reste peu propice à la vie. La fenêtre biologique se limite à 2-3 mois par an.

C'est un lac moins fréquenté que Lauvitel ou Muzelle. On y croise surtout des randonneurs aguerris et quelques alpinistes en route vers les glaciers.

Lac du Glacier d'Arsine : le lac proglaciaire

Le lac du Glacier d'Arsine est un lac proglaciaire, formé par le retrait du glacier d'Arsine au cours des dernières décennies. Sa couleur laiteuse, chargée en sédiments, change selon la lumière et la saison. Il se situe à 2 450 m d'altitude, dans un vaste cirque minéral cerné de moraines.

Le départ se fait depuis le Col du Lautaret (2 058 m) par le Sentier des Crevasses, un itinéraire en balcon au-dessus de la vallée. Comptez 3h à 3h30 de marche pour environ 450 m de dénivelé positif. Le faible dénivelé est trompeur : la distance est longue (7-8 km aller) et le terrain inégal.

En pratique : 3h-3h30 de marche depuis le Col du Lautaret, 450 m D+, difficulté modérée mais longue distance (7-8 km aller). Accessible de juillet à septembre.

1500 m2000 m2500 m0 km5 km10 km15 kmCol d'Arsine · 2340 mLac d'Arsine · 2450 m

Derrière la carte postale, le lac d'Arsine a failli provoquer une catastrophe. Formé par le retrait du glacier, il était retenu par un imposant système de moraines hérité du Petit Âge Glaciaire (1550-1850). En 1985, le lac atteignait 6 hectares pour 800 000 m³ d'eau, et son niveau montait d'environ 50 cm par an. La moraine menaçait de céder, avec le village du Casset en contrebas. Au printemps 1986, des travaux d'urgence ont permis d'abaisser et stabiliser le niveau. Le lac reste sous surveillance aujourd'hui.

Le glacier d'Arsine est devenu un « glacier noir » : recouvert de débris rocheux qui l'isolent et ralentissent sa fonte. Son système morainique est considéré comme l'un des mieux préservés des Alpes occidentales. C'est un site icônique pour randonner dans les Écrins et découvrir l'évolution des glaciers.

Lacs de Pétarel : les joyaux suspendus du Valgaudemar

Les lacs de Pétarel occupent une vallée suspendue au-dessus du Valgaudemar, entre 2 080 et 2 100 m d'altitude. Deux lacs principaux, au fond d'un cirque de falaises, avec une vue plongeante sur la vallée en contrebas.

La montée est rude : entre 850 et 1 500 m de dénivelé selon le point de départ choisi (Andrieux, Les Portes ou l'Ubac). Comptez 3 à 5 heures de marche. C'est une randonnée exigeante, à réserver pour les jours de bonne forme physique.

Derrière la carte postale, Pétarel est un site suivi depuis une vingtaine d'années dans le cadre du réseau Lacs Sentinelles. En 2009 puis 2017, des vairons ont été détectés dans les lacs, une présence surprenante à cette altitude. Depuis 2022, une équipe de l'Université d'Aix-Marseille et du Parc National étudie la répartition de ces poissons : on les retrouve dans deux mares reliées au lac principal et dans l'exutoire jusqu'à 200-300 m en contrebas. Le site abrite aussi des tritons alpestres et des libellules (aeschne des joncs). Une première étude hydrobiologique du lac remonte à 1996, ce qui en fait l'un des lacs d'altitude les mieux documentés du massif.

Nous avons consacré un article complet à cet itinéraire : Randonnée aux Lacs de Pétarel avec trace GPX, variantes et conseils pratiques.

Lac du Lauzon et Lac Bleu : la balade accessible du Valgaudemar

Depuis le Chalet-Hôtel du Gioberney, le lac du Lauzon (2 008 m) s'atteint en 1 heure de marche. Le sentier est bien tracé, le dénivelé modeste (environ 450 m en boucle avec le Lac Bleu). C'est l'une des randonnées les plus accessibles des Écrins pour découvrir un lac d'altitude.

Le Lac Bleu, situé un peu plus haut, complète naturellement la boucle. Les deux lacs n'ont pas grand-chose en commun : le Lauzon est un lac vert, peu profond, qui tire vers la mare avec sa végétation aquatique tandis que le Lac Bleu porte bien son nom, avec ses eaux d'un bleu franc.

Derrière la carte postale, le Lauzon est un lac de surcreusement glaciaire, creusé il y a environ 10 000 ans dans du gneiss fracturé par une faille nord-sud. C'est un lac dit « de pelouse » : dégelé 4 à 5 mois par an, il bénéficie de conditions relativement clémentes pour l'altitude. La végétation aquatique y est abondante, signe d'une bonne productivité biologique. Autour du lac, des tourbières bordées de linaigrettes complètent le tableau. On y croise régulièrement des chamois en début de matinée.

Retrouvez l'itinéraire détaillé, la trace GPX et les variantes dans notre article dédié : Lac Lauzon et Lac Bleu.

Lacs de Crupillouse : le secret de Champoléon

Moins connus que leurs voisins du Valgaudemar, les lacs de Crupillouse méritent le détour. Situés à environ 2 630 m d'altitude dans la vallée de Champoléon, ils offrent un cadre sauvage et préservé, loin de la fréquentation des grands classiques.

Le départ classique se fait depuis le hameau des Baumes (environ 1 300 m). La randonnée demande 4 à 5 heures de marche pour près de 1 400 m de dénivelé. C'est l'une des randonnées "lacs" les plus physiques du massif. Le sentier remonte le vallon du torrent de Crupillouse, d'abord en forêt, puis dans des alpages avant d'atteindre les lacs.

En pratique : 4-5h de marche depuis Les Baumes (Champoléon), 1 400 m D+, difficulté soutenue. Accessible de juillet à septembre.

1500 m2000 m2500 m0 km5 km10 km15 kmLacs de Crupillouse · 2715 m

Derrière la carte postale, Crupillouse est un des meilleurs sites de démonstration de l'érosion glaciaire des Écrins. Le cirque a été libéré de ses glaces récemment à l'échelle géologique : la roche est encore peu patinée, claire, presque lunaire. Les lacs sont des lacs de surcreusement, séparés par des bosses arrondies couvertes de poli glaciaire (ces surfaces lisses sculptées par le passage des glaciers). Le bedrock est constitué de gneiss oeillés, des roches à gros cristaux de feldspath qui donnent au site sa teinte blanc-rose. Le secteur est aussi un bon spot pour observer chamois et bouquetins, et le lagopède alpin niche dans les éboulis autour des lacs.

Lac Lautier : le lac des habitués

Le lac Lautier, à 2 360 m d'altitude au-dessus de Villar-Loubière dans le Valgaudemar, est l'un de ces lacs que l'on découvre presque par surprise. Moins répertorié dans les topos, il attire surtout les habitués du massif.

La montée depuis Villar-Loubière (environ 1 000 m) demande 4h à 4h30 pour plus de 1 350 m de dénivelé. Le sentier traverse des forêts de mélèzes, passe par le Refuge des Souffles (1 968 m, une bonne étape intermédiaire), puis continue jusqu'à l'alpage du lac.

1000 m1500 m2000 m2500 m0 km5 km10 km15 kmLac Lautier · 2363 m

Lac du Goléon : face à la Meije

Le lac du Goléon (2 438 m), où, par temps clair, la Meije (3 983 m) et ses glaciers se reflètent dans les eaux du lac, avec les aiguilles d'Arves en arrière-plan. C'est la photo que tout le monde a vue, et la foule en août va avec.

Le départ se fait depuis le hameau de Valfroide, au-dessus de La Grave. La montée prend environ 1h30 pour 570 m de dénivelé. Le sentier est bien tracé et accessible à la plupart des randonneurs, y compris des familles avec enfants à partir de 6-7 ans. Le refuge du Goléon, gardé en été, permet de prolonger en passant la nuit sur place.

En pratique : 1h30 de marche depuis Valfroide (La Grave), 570 m D+, difficulté modérée. Accessible de juin à octobre. Refuge gardé en été (19 places, réservation conseillée).

Derrière la carte postale, le lac du Goléon n'est pas tout à fait naturel. Un barrage a été construit en 1965 sur le site d'un ancien lac glaciaire, créant un plan d'eau d'environ 10 hectares pour 2 mètres de profondeur. Un projet de barrage plus important avait été étudié par EDF mais n'a pas abouti. En amont du lac, la plaine alluviale du glacier Lombard forme un sandur (plaine de lavage glaciaire), l'un des mieux préservés des Alpes françaises. On y trouve des formations végétales pionnières arctiques, héritées des avancées glaciaires du Quaternaire, protégées au titre de Natura 2000 (site « Plateau d'Emparis - Goléon », 7 476 ha). Ces habitats sont fragiles : certains visiteurs gravent noms et dates sur les dalles, les sentiers sont élargis par ceux qui coupent les lacets, et les chiens en liberté perturbent la faune (chamois, tétras lyre, lagopède). C'est un site où le comportement de chaque randonneur compte.

Plateau d'Emparis : Lac Lérié et Lac Noir face aux glaciers

Le Plateau d'Emparis est une immense pelouse alpine perchée entre 2 000 et 2 500 m, face au versant nord de la Meije. Le Lac Lérié (2 410 m) et le Lac Noir (2 457 m) ponctuent cette traversée. Par temps calme, les glaciers de la Meije se reflètent dans leurs eaux.

L'accès le plus court part du parking du Chazelet, au-dessus de La Grave. Comptez 1h30 à 2h pour atteindre le Lac Lérié. La traversée complète du plateau jusqu'à Besse-en-Oisans (1 500 m) en fait une belle journée de marche (5-6h, environ 15 km). Une fois sur le plateau, le parcours est essentiellement en faux-plat descendant. L'effort tient plus à la distance qu'au dénivelé. Le terrain est ouvert, sans difficulté technique, mais exposé au vent et à la météo.

En pratique : 1h30-2h de marche depuis Le Chazelet pour le Lac Lérié, 450 m D+, difficulté modérée. Traversée complète jusqu'à Besse : 5-6h, 15 km, surtout descendant après les lacs. Accessible de juin à octobre.

Randonner vers ces lacs avec un guide

Tous ces lacs sont accessibles en randonnée à la journée ou sur 2-3 jours. Pour les découvrir avec un accompagnateur en montagne qui connaît les horaires creux et les variantes moins empruntées, nous proposons plusieurs formules :

Voir tous nos séjours Randonnée dans les Écrins.

Questions fréquentes sur les lacs des Écrins

Peut-on se baigner dans les lacs des Écrins ?

En coeur de Parc National, la baignade n'est pas formellement interdite, mais elle est fortement déconseillée. Les lacs d'altitude sont des milieux fragiles : la flore et la petite faune qui les peuplent sont sensibles au dérangement, les crèmes solaires dégradent la qualité de l'eau, et la baignade elle-même est dangereuse (eau froide, non surveillée, potentiellement contaminée par des cadavres d'animaux).

Dans la zone d'adhésion du Parc, plusieurs communes ont pris des arrêtés municipaux qui interdisent purement et simplement la baignade :

Pour se rafraîchir l'été, il existe des plans d'eau aménagés dans les vallées autour du massif : lac du Casset, lac de la Roche-de-Rame, plan d'eau d'Embrun, lac de Serre-Ponçon, base de loisirs d'Orcières, plan d'eau de Valbonnais, plan d'eau du Champsaur ou encore le lac de la Buissonnière aux Deux-Alpes.

Quelle est la meilleure période pour randonner vers les lacs ?

La plupart des lacs sont accessibles de fin juin à début octobre à pied. Juillet et août offrent les conditions les plus stables, mais aussi la plus forte fréquentation. Septembre est souvent le meilleur compromis : moins de monde, lumières rasantes, éricacées qui rougissent et mélèzes qui commencent à jaunir. Les lacs les plus bas (Lauvitel, Lauzon) sont accessibles dès juin. Pour les plus hauts (Eychauda, Crupillouse, Emparis), il faut attendre la fonte des névés, souvent début juillet.

Quels lacs sont accessibles en famille ?

Le lac du Lauzon (1h de marche, sentier facile) et le lac du Goléon (1h30, sentier bien tracé) sont les plus adaptés aux familles avec enfants. Le lac de Lauvitel convient aussi dès 7-8 ans, même si la montée est raide. Le lac du Glacier d'Arsine, avec son faible dénivelé depuis le Col du Lautaret, est aussi une bonne option pour des enfants habitués à marcher.

Peut-on enchaîner plusieurs lacs sur un trek de 2-3 jours ?

Oui. La boucle Muzelle-Lauvitel par le col du Vallon se fait en 2 jours. Notre séjour bivouac dans le Valgaudemar relie Pétarel, Lauzon et Lautier en 3 jours. La traversée des Écrins en 5 jours passe par plusieurs de ces lacs. Le GR54 est le grand tour complet pour les voir (presque) tous.

Poursuivre votre lecture

  1. Altimood
  2. Blog
  3. Écrins
  4. Lacs des Écrins