Calculateur de temps de marche en randonnée

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Outil interactif

Calculateur de temps de marche

Renseignez la distance, la montée et la descente de votre randonnée. L'outil applique les principales méthodes de calcul (Naismith, Club Alpin Allemand, Club Alpin Suisse, kilomètres-effort) et les compare. Ouvrez « Configurer » pour caler vos propres vitesses.

Distance
longueur du parcours
12 km
Montée (dénivelé positif)
total grimpé sur le parcours
+700 m
Descente (dénivelé négatif)
total descendu sur le parcours
700 m
Votre rythmemarcheur régulier
Terrainsentier de montagne classique

Les formules donnent un temps de marche pur. Ajoutez vos pauses, le pique-nique et les photos pour le temps réel passé sur le terrain.

Temps de marche estimé
4h30
Fourchette 4h00 à 5h00 selon la méthode. Sur le terrain, comptez environ 5h10 avec les pauses.
Le détail, méthode par méthode

Connaître son temps de marche, c'est partir à la bonne heure, prévenir au refuge d'une arrivée réaliste et ne pas finir la dernière descente à la frontale. Tout part de deux chiffres lus sur un topo ou une trace GPS : la distance et le dénivelé. À partir de là, plusieurs méthodes éprouvées donnent une estimation fiable, chacune avec sa logique. Le calculateur ci-dessus les fait toutes tourner en même temps et vous montre l'écart entre elles. Voici comment chacune raisonne, et comment nous nous en servons sur le terrain.

Pourquoi le dénivelé pèse autant que la distance

Sur le plat, un marcheur avance autour de 4 à 5 km/h. Dès que ça grimpe, ce n'est plus la distance qui commande mais la pente : on monte rarement plus vite que 300 mètres de dénivelé par heure avec un sac. Une étape courte en kilomètres peut donc réclamer une longue journée si elle grimpe beaucoup. C'est pour cette raison qu'aucune méthode sérieuse ne se contente de diviser la distance par une vitesse : toutes ajoutent un temps lié à la montée, et les plus complètes comptent aussi la descente.

La descente, justement, est le paramètre que les calculs rapides oublient. Elle ne coûte pas de souffle, mais elle ralentit dès que le terrain devient raide ou glissant. Et elle fatigue les cuisses pour le lendemain. Nous détaillons cet angle mort dans notre article sur le dénivelé à viser par jour quand on débute.

Les quatre méthodes pour calculer son temps de marche

La règle de Naismith (1892)

La plus ancienne et la plus connue. L'alpiniste écossais William Naismith la résume en 1892 : comptez une heure pour 5 km sur le plat, et ajoutez une heure par tranche de 600 mètres de montée.

Temps de marche = distance ÷ 5 + dénivelé positif ÷ 600 (résultat en heures)

Son atout est sa simplicité : deux chiffres, un calcul mental possible au refuge. Là où elle pèche, c'est dans ce qu'elle ignore : la descente n'est pas comptée, la vitesse de 5 km/h convient à un marcheur léger et entraîné, et le résultat se révèle souvent optimiste avec un sac d'itinérance. Plusieurs corrections sont venues l'affiner, comme celle de Tranter pour tenir compte de la forme physique et de la fatigue, ou celle de Langmuir pour la descente.

Le Club Alpin Allemand (norme DIN 33466)

Le Deutscher Alpenverein a normalisé sa méthode sous la référence DIN 33466. Elle retient 4 km/h sur le plat, 300 mètres par heure en montée et 500 mètres par heure en descente.

L'astuce de cette méthode est sa façon de combiner les deux efforts. On calcule d'un côté le temps horizontal (la distance), de l'autre le temps vertical (montée plus descente). On garde alors la plus grande des deux valeurs en entier, et on n'ajoute que la moitié de la plus petite. L'idée derrière ce calcul est qu'on ne marche pas à plat puis en pente de façon séparée : les deux se chevauchent. Le résultat est plus prudent que Naismith, et bien adapté à la randonnée chargée.

Le Club Alpin Suisse et swisstopo

Le Club Alpin Suisse part du même principe de combinaison, avec des vitesses verticales un peu plus rapides : 4 km/h sur le plat, 400 mètres par heure en montée et 800 mètres par heure en descente. C'est la base des horaires que vous lisez sur les panneaux jaunes suisses.

L'office topographique fédéral, swisstopo, en propose une version mémorisable sur le terrain : 15 minutes par kilomètre, 15 minutes de plus par 100 mètres de montée, et 15 minutes par 200 mètres de descente. On additionne, puis on divise par deux la plus petite des deux composantes, exactement comme la méthode allemande. Pour un même parcours, le résultat tombe en général entre Naismith et la norme DIN.

Les kilomètres-effort (méthode française)

Très répandue dans les topo-guides français, elle ramène tout à une seule unité, le kilomètre-effort. On convertit la montée en distance équivalente : 100 mètres de dénivelé positif valent 1 kilomètre-effort. On additionne avec la distance réelle, puis on compte 4 kilomètres-effort par heure.

Kilomètres-effort = distance + dénivelé positif ÷ 100, puis on divise par 4

C'est la logique que nous utilisons aussi dans notre estimateur d'étape pour débuter, parce qu'elle parle bien quand on prépare un trek de plusieurs jours. Comme Naismith, elle laisse souvent la descente de côté, ce qui la rend un peu courte sur les parcours qui descendent beaucoup.

Pourquoi les méthodes ne donnent pas le même chiffre

Réglez l'outil sur une étape qui descend autant qu'elle monte et vous verrez l'écart se creuser. Deux raisons l'expliquent. D'abord la descente : Naismith et les kilomètres-effort l'ignorent, alors que les méthodes alpines lui attribuent du temps. Ensuite la vitesse de base : 5 km/h chez Naismith contre 4 km/h chez les autres, soit un quart de temps en plus sur la partie roulante.

La bonne lecture tient moins au chiffre juste qu'à la fourchette. Les méthodes alpines, plus prudentes, donnent une borne haute réaliste pour un marcheur chargé. Naismith donne une borne basse, valable pour quelqu'un de léger et entraîné sur un terrain facile. Votre journée se situera entre les deux, selon votre forme du jour et le terrain.

Du temps de marche au temps sur le terrain

Toutes ces formules calculent un temps de marche pur, sans aucun arrêt. Or une vraie journée comprend le pique-nique, les photos, le moment où l'on refait son sac, la pause pour souffler en haut du col. Comptez en gros 10 à 15 % de temps en plus pour les petites pauses, et ajoutez la durée de votre vrai repas de midi. Sur une grande journée, l'écart entre le temps calculé et l'heure réelle d'arrivée dépasse facilement l'heure. C'est ce supplément que l'outil affiche en regard de l'estimation, pour vous donner une heure d'arrivée crédible.

Quelles vitesses saisir pour personnaliser le calcul

Le bouton « Configurer » de l'outil ouvre un mode où vous entrez vos propres vitesses, relevées sur vos dernières sorties. Voici de quoi ne pas partir de zéro. En montée avec un sac d'itinérance, un marcheur qui débute progresse autour de 250 à 300 mètres de dénivelé par heure. Un randonneur entraîné et chargé léger tient près de 400 mètres par heure. En descente, tablez sur 450 à 500 mètres par heure, un peu plus sur un sentier roulant, nettement moins sur un terrain qui glisse ou qui casse. Sur le plat, l'écart se resserre, autour de 4 km/h pour la plupart des marcheurs et jusqu'à 5 km/h pour les plus rapides.

Un repère pour finir, utile au moment de comparer vos résultats. Les applications mobiles annoncent souvent des temps plus courts que les méthodes ci-dessus, parce qu'elles tablent sur un marcheur rapide, sans portage, sur sentier facile. Pour une première itinérance avec un sac sur le dos, fiez-vous plutôt aux estimations prudentes des clubs alpins, et gardez de la marge.

Ce que les formules ignorent, et que le guide regarde

Un calcul reste un point de départ. Sur le terrain, plusieurs facteurs déplacent le curseur sans apparaître dans la distance ni le dénivelé.

C'est précisément le métier de l'accompagnateur que d'ajuster tout cela en marchant. Sur nos treks dans les Alpes, l'horaire n'est jamais un chiffre figé : il se règle sur le terrain et sur le groupe du jour.

Pour aller plus loin

Trois raffinements méritent d'être connus si le sujet vous passionne. La correction de Tranter module le résultat de Naismith selon votre niveau de forme, mesuré par un petit test d'effort, et selon la fatigue accumulée. La fonction de Tobler calcule une vitesse qui varie en continu avec la pente, utile pour modéliser finement un parcours mais lourde à appliquer à la main. La méthode de Munter, héritée du ski de randonnée suisse, raisonne elle aussi en unités d'effort et sépare montée, descente et plat. Pour planifier une randonnée à pied, les quatre méthodes de l'outil suffisent largement.

Questions fréquentes

Quelle méthode de calcul choisir ?

Plutôt que d'en choisir une, lisez la fourchette. Si vous partez léger et entraîné sur un bon sentier, visez la borne basse, proche de Naismith. Avec un sac d'itinérance ou sur un terrain cassant, fiez-vous à la borne haute des méthodes alpines. Entre les deux se trouve une estimation raisonnable pour la plupart des sorties.

Faut-il ajouter les pauses au temps calculé ?

Oui. Les formules donnent un temps de marche pur. Ajoutez 10 à 15 % pour les petits arrêts, plus la durée de votre repas de midi. Sur une journée de 6 heures de marche, prévoyez facilement 7 à 8 heures entre le départ et l'arrivée.

Pourquoi la descente compte-t-elle dans le temps de marche ?

Parce qu'on ne descend pas en roue libre. Sur terrain raide ou instable, on ralentit pour assurer ses appuis, et les cuisses travaillent en freinage. Les méthodes du Club Alpin Allemand et du Club Alpin Suisse lui attribuent un vrai temps, là où Naismith et les kilomètres-effort la négligent.

Le calcul vaut-il pour la randonnée hivernale ou en raquettes ?

Non, pas tel quel. Dans la neige profonde, en raquettes ou en conditions hivernales, les vitesses chutent fortement et dépendent de la qualité du manteau neigeux. Ces méthodes sont calées sur la randonnée estivale sur sentier.

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